vendredi 23 décembre 2011

On s'écrit bientôt

Pour faire le pont avec la nouvelle année, on va aller voisiner le Golden Gate. San Francisco nous attend donc pour une dizaine de jours. Comme lorsqu'on met les pieds dans une autre ville, on ne sera motivé que par les longues promenades sans trop d'objectifs précis et sans carte. Au gré des vents et des arômes... On devrait aussi en profiter pour manger beaucoup, beaucoup dans le sens 'diversifié'. Si la nourriture haïtienne vaut le détour, elle ne se remarque pas par sa diversité. Sans compter que Port-au-Prince n'est pas une capitale gastronomique. Des restaurants où l'assiette est beaucoup trop dispendieuse pour la qualité et l'originalité qu'on y trouve. On devrait aussi verser dans les vins californiens, uniquement question de se développer de nouvelles connaissance, bien évidement... On prend un vol plus tard ce midi et on atterri quelques heures 'avant' à San Francisco. Si vous avez des bonnes adresses, n'hésitez pas à nous les faire suivre. On s'écrit bientôt.

jeudi 22 décembre 2011

Enfin

Et ceux qui disent qui ne se passent rien !! Les langues sales !! Sérieusement, la critique est une maladie contagieuse pour les observateurs de la scène haïtienne. À ce petit jeu, les haïtiens ne sont pas moins virulents que les blancs. On a quand même vu des changements significatifs dans les dernières semaines. Rien de vraiment spectaculaire ou fondamental, mais qui au plan de la perception marque un changement de ton. Le parc de la Place Saint-Pierre a enfin été complètement libéré de ses tentes. Ça fait déjà quelques semaines, mais depuis deux jours, la grande nouvelle, est que le citadin s’est un peu plus rapproprié l’espace. On y a organisé une foire où les artisans viennent vendent leurs produits pour Noël. À des prix en plus, les marchands d’artisanat pour étrangers sont sûrement un peu gênés… La même crèche vendue dans une galerie pour deux fois le prix ! Il faut dire que la foire vise les haïtiens. On a donc étiré l’heure du dîner pour aller y fouiner. Un vrai petit plaisir de suer à grosse goûte entre les artisans pendant que la musique de Noël adaptée au rythme du kompa fait danser les haïtiens. Comme ces écoliers venus perdre leur temps après la classe, ou pendant peut-être.

mardi 20 décembre 2011

Troublant

J'écris dans mes temps libres et depuis quelques jours, je n'ai pas eu de temps libre. Moins, du moins. Même pas le temps de lire les nouvelles, d'ici ou d'ailleurs. J'ai toutefois un peu sursauté en lisant quelques dépêches d'Haïti Libre qui nous informe que les éfendis sant de l'École de droit des Gonaïves ont choisi Duvalier comme parrain de promotion. L'ex dictateur en a profité pour observer lors de son discours une minute de silence à la mémoire de trois jeunes assassinés (par son régime !!!) et qui a sonné le début de la fin de son règne à vie. Ils ne sont pas beaucoup à s'énerver de cette décision des étudiants ni du discours de Duvalier. Dans mon petit Ford intérieur (dixit Jean Dion), j'avoue avoir eu un petit haut-le-cœur doublé d'une petite incrédulité en apprenant cette nouvelle. Quand même, que des étudiants en droit choisissent un personnage politique qui est actuellement sous enquête pour crime contre l'humanité, on ne me fera jamais avaler l'idée que c'est anodin ou encore d'aucune portée politico-intellectuelle. Quels messages ces jeunes juristes sont-ils en train de lancer ? Comment sont-ils représentatifs d'une génération 'politique' ? On se donne le temps de voir, mais c'est troublant. Tout aussi troublant que la non-réaction que cette information a provoqué...

samedi 17 décembre 2011

Une poupée

Fête de Noël ce soir dans la cour du bureau. Les employés et les partenaires du projet ont amené leurs enfants. Une quarantaine de personnes qui dansent ou jouent au ballon. Une blanche à sur les genoux une jeune haïtienne de 8 ans ou à peu près qui lui demande : "Toi, tu rêves à quoi pour Noël ?" Dans sa grande sagesse internationaliste, la blanche répond qu'elle souhaite que tous les enfants soient heureux, qu'ils puissent avoir la chance de s'épanouir pleinement. La jeune haïtienne de répondre : "Moi, je rêve surtout d'avoir une belle poupée..."

vendredi 16 décembre 2011

Enchaînés


Hier soir, nous sommes allés dans une petite fête. Il y avait beaucoup d’haïtiens, quatre québécois et trois vénézuéliens. Trois bonshommes aussi rigolos qu’intelligents qu’on aurait pu imaginer qu’ils ont fuit Chavez… Je ne leur ai pas demandé, j’avoue. J’ai imaginé. Il y avait de la musique, de la poule, de la Prestige, du riz et du pikliz. Il a fallu que deux haïtiens se mettent à danser un kompa bien senti pour que les 7 blancs prennent leur trou. On venait de comprendre que de ce point de vue, valait mieux qu’on concentre nos efforts sur la Lambada (pour les vénézuéliens) et la danse des canards (pour les québécois). Il faudra qu’un jour on m’explique et qu’on me permette d’expérimenter ces mouvements aux amplitudes si fines qu’on pourrait imaginer l’immobilité, mais qui dégage tant de volupté. Leur plaisir à danser se lit, se sent. Il y a dans cette danse timide et silencieuse toute la communication d'un monde. Un monde qui, comme les nuances du créole, reste inaccessible au blanc que je suis. Le corps comme la tête enchaînés. 

mercredi 14 décembre 2011

Un regard

Rien dans un regard ne peut s'éteindre. Rien dans ce regard ne peut s'éteindre. Il y a cet autre blogueur (Planète Haïti) dont je jalouse secrètement le regard. Jaloux de sa plume également, je lui ai volé ces phrases que j'aurais voulu miennes : "Pour capter le vrai sens de ce pays, il faudrait y être né. Comprendre les subtilités, les nuances, les retournements, les non-dits… Absorber les chocs quotidiens et multiples. Saisir le sens des regards plantés dans notre propre regard, ou  alors tenter de croiser les yeux détournés et fuyants. Il ne suffit pas, quoiqu’on en pense, d’y avoir passé des mois, des années, à arpenter les chemins et les rues. A parler du sens de la vie, assis,  dans la fumée du charbon. Il ne suffit pas de parler la même langue et de jouer sur les mêmes mots. La logique est différente. Les mots n’ont pas le même sens. Même intégré, même absorbé, même entièrement coulé dans l’histoire, on est à côté, on regarde passer." Me reste une seule question avant d'aller dormir, est-ce que les ayisien sont eux-mêmes en mesure de capter le vrai sens de ce pays ?

mardi 13 décembre 2011

On passe à un autre sujet ...

Dans Haïti en marche du 28 novembre, Marcus (le journaliste qui n'a pas répondu à ma proposition de boire un rhum il y a quelques semaines) commet un éditorial sur les sismologues. Le titre "Les sismologues, taisez-vous !" m'a intrigué et j'avoue que ne suis pas encore certain  de son sens en regard de l'édito, mais ce n'est pas trop important. L'intérêt de l'affaire est la connaissance qui commence à être diffusée sur le fameux séisme du 12 janvier 2010. En 2007, des éminents spécialistes prédisaient un tremblement de terre presque identique à celui qu'on a vécu. La faille Enriquillo identifiée rapidement comme la 'responsable' de l'enfer, celle impliquée dans les prévisions des experts de 2007, n'est maintenant plus mise en cause par les savants. En fait, c'est une faille jusque là inconnue qui a sauté pour produire bagay la. Les scientifiques en ont maintenant la certitude, les analyses sont concluantes. Les deux informations importantes dans cette petite histoire sont les suivantes. En premier, lieu il y a cette vérité 'naturelle' qu'on ne sait jamais tout et que tous les jours on apprend un peu plus. Bagay la à permis d'identifier une nouvelle faille que les instruments n'avaient pas encore détectés. On pourrait se poser sur les limites des instruments et donc des connaissances produites, mais la marche du monde est une série d'escaliers d'erreurs ! La deuxième information importante dans cette histoire est que ce qui ce Enriquillo qui devait sauter, n'a pas encore sauter... Ok, on passe à un très sujet.