lundi 2 janvier 2012
Des vrais pros
Dans le sport, la dimension psychologique peut jouer un rôle très important. Adolescent, je jouais au football (type football américain, mon sport préféré …) pour l’équipe de l’école secondaire. On se préparait à aller jouer contre la polyvalente de Saint-Georges-de-Beauce, la grosse équipe de la ligue. La grosse dans le sens où les adolescents de la campagne, tous cultivateurs de leur état dans notre imaginaire citadin, étaient disons … baraqués. Et être baraqués dans un sport de contact comme le football américain, ça peut donner un certain avantage physique, mais également psychologique. On prend donc l’autobus scolaire ‘jaune’ pour se rendre à Saint-Georges et nous sommes accueillis à la sortie par un corridor composé des joueurs de l’équipe adverse qui veulent nous souhaiter la bienvenue dans leur coin de pays. Les poignées de main et les tapes dans le dos sont toutes chaleureuses. On est entré au vestiaire pour se préparer et, dans notre tête, la partie était déjà terminée, perdue en fait ! Un silence de mort, on venait de comprendre qu’on allait à la boucherie. Le coach faisait tous les efforts possible pour nous repomper le ‘mental’ (comme on dit chez Les Boys) mais rien à faire, on s’ennuyait déjà tous de notre mère.
J’avais un peu ce feeling là hier en pensant aux joueurs des Chargers de San Diego qui entraient dans le stade des Raiders d’Oakland. Oakland et juste de l’autre côté de la baie et je voulais concrétiser un rêve de ti-cul, voir un match de la NFL. Quoi de mieux qu’un premier janvier pour réaliser ses rêves, parlez-en aux haïtiens. Les fans des Raiders, tous vêtus de noir, ont, selon certains, la réputation d’être un peu abruti et mal léché (). L’hymne de l’équipe (The Autumn Wind) vous donne une petite idée de l’esprit qu’on tente d’y faire régner. Tous vêtu de noir, les fans annoncent la mort de l’opposant. Je me suis donc rendu bien longtemps avant la partie afin de voir de mes yeux le fameux « tailgate party » d’avant partie. Une folie pure, comme celle que l’on peut imaginer que l’humain fanatique peut en organiser. Une orgie de bouffe dans deux très grands stationnements marquée par le contexte, les BBQ bien installés dans la valise du gros 8 cylindres : Les bonnes grosses viandes, tout de la bouffe mexicaine et les fruits de mer dont les fameuses huitres de la période des fêtes. Tout ça bien évidemment, arrosée de bière, de bière et de bière. Dans le train qui m'amenait au match, j'ai vu arriver 3 fans des Raiders avec une caisse de 30 canettes de bière. Faites le calcul ! Au troisième quart de la partie, le salon qui longeait la sortie près de mon siège, regorgeait de gars un peu trop amochés et qui dormaient sur des fauteuils plus et moins confortables. Aidés par une performance plus qu’ordinaire de leur équipe, disons que le taux d’alcool des fans avait eu le dessus sur leur enthousiasme. Les gars des Chargers ne se sont pas laissé détruire le mental par les épouvantails noirs, des vrais pros !
samedi 31 décembre 2011
Je vous souhaite la fin d'un monde !
Bonne année 2012. Que la prochaine ne soit pas la dernière, ils sont plusieurs à nous annoncer la fin du monde pour 2012. On ne semble pas s’entendre sur la date, mais la marge d’erreur de chacune de ces prédictions nous plaçait la fin dans les 12 prochains mois. Quant à moi, je vous souhaite la fin d’un monde. À vous de choisir lequel !
Clichés
Encore une brume importante sur la baie de San Francisco ce matin. À l’inverse d’hier toutefois, elle ne s’est pas dissipée de toute la journée. Difficile de passer dans cette ville sans enregistrer quelques photos de ces ponts (ce n’est pas la Golden Gate) pris dans la brume. Faire des clichés des clichés… J’ai aussi plein de photos de tramway itou, ce sera pour une prochaine fois !
vendredi 30 décembre 2011
La brume
Ce matin, la baie de San Francisco a baigné dans une brume épaisse jusque vers 11h00. Le temps était ‘cru’ comme on dit au Québec pour décrire un petit froid qui profite de l’humidité pour se frayer un espace entre les couches de linge. C’était cru. On passe probablement trop temps en Haïti à côtoyer une pauvreté extrême et généralisée pour arriver à bien saisir que dans cette brume opaque qui limite notre capacité de décerner les nuances, certains sont vraiment sur la touche. Hors de tout circuits économiques ou solidaires, aussi faibles soient-ils. Dans les grandes villes américaines que l’on visite (comme à Montréal), ces exclus nous sautent au visage. On les voit partout, trainant tout ce qu’ils peuvent trainer en plus de leurs dépendances et leur souffrance. Ces exclus plus facilement perceptibles qu’en Haïti, même la brume n’arrive pas à les cacher.
jeudi 29 décembre 2011
Le poète
Dans les rues de San Francisco, il y a ce gars à qui l’on donne un eu d’argent
et qui vous rédige un poème en direct. J’ai toujours rêvé d’écrire des poèmes,
sans vraiment savoir pourquoi ! « Les
femmes aiment les poèmes » me disait un ami. « Aiment-t-elles pour autant les
poètes ? » était toujours ma réponse. On n’a jamais réussi à fermer ce
débat même après plusieurs bières … Les parlementaires et le président haïtiens
sont pris avec le même problème au sujet de la constitution. Comme un poème
peut l’être, la constitution haïtienne est polysémique. On attendait donc voir
comment le dossier de la constitution modifiée (par l’ancien gouvernement) quelques
heures avant l’assermentation du nouveau président au printemps dernier, allait
atterrir dans ce nouveau contexte politique. On parlait ‘d’erreurs matérielles’
pour tenter de donner un sens à une version qui ne ressemblait pas à ce que les
politiciens avaient votée quelques heures avant. Qu’a-t-on modifié et dans l’intérêt
de qui ? Je vous laisse en débattre parce que pour moi, c’est comme la poésie. La nouvelle constitution n’est pas encore
officiellement publiée malgré les annonces de diffusion des derniers jours,
qu’elle fait déjà l’objet d’objections de parlementaires importants. On devrait
donner le contrat au poète de San Francisco. Rapido, il produirait un texte sur
lequel tout le monde pourrait passer des heures à discuter. Au moins, on aurait
un texte.
mardi 27 décembre 2011
Abondance
C’est le mot que Jo a expulsé de son cœur hier lorsque nous nous promenions (encore une fois, je le sais !!) dans une épicerie. Le genre de grande épicerie où les américains sont capables de nous offrir du meilleur. Les produits bio avec tout le tralala altermondialiste et la consommation responsable. L’abondance responsable. Je pensais à Martelly qui joue au Père Noël depuis quelques jours en Ayiti. Un commentateur anonyme (ou une, on ne sait jamais !) de mon blogue y fait référence dans ces commentaires des derniers jours. Le président fait donc le tour du pays en distribuant des enveloppes (100 ou 200 gourdes, ce n’est pas clair), des motos, des voitures, … À Port-au-Prince un peu avant le 25, une dame qui a hérité d’une moto lui a crié qu’elle n’avait rien à foutre d’une moto, c’est d’une maison qu’elle a besoin. Toujours à PAP, il aurait fait monté (je ne l’ai pas vu, des chauffeurs du projet en parlaient) des gens sur une scène pour les faire chanter. Un espèce de X-Factor où le président décide qui gagnera une voiture. Je tente toujours de garder une distance dans mes commentaires sur Ayiti, mais mon ami Cetout a nettement moins de retenue
- J’avoue que ces dernières manifestations présidentielles me puent au nez !!!
- Wow !!
- Tu vas trouver sur youtube des images où l’on voit Duvalier circuler en voiture et laisser tomber de l’argent par les fenêtres. Des haïtiens démunis courent derrière la bagnole pour ramasser ce que leur bon président a gentiment accepté de leur donner. On déclarait des blessés et des morts dans ce genre d’aventure, les voitures du convoie qui suivaient celle du président …
- Je devine.
- Il y a donc ce président qui fera des cadeaux à 5, 10, 20 ou 25 000 personnes dans la période de Noël et qui recommencera probablement l’année prochaine tant il arrive à en tirer une juteuse popularité. Le bon président qui fait des cadeaux au pauvres gens. C’est la différence entre une charité (scabreuse) et des politiques solidaires.
- On ne parle pas de chose d’une même envergure.
- Je comprends bien qu’en terme de dépenses, la comparaison est impossible. Mais en termes de vision politique, l’écart est incommensurable. En fait, on a une présidence, parce qu’il y a lui et ses conseillers dans ce genre de galère, qui inscrit une nouvelle fois le bon peuple dans la sphère de la mendicité alors que le président a la capacité de donner. C’est simplement indécent de voir ce président riche se pavaner devant ‘sa’ population pauvre. En passant, est-ce qu’on sait d’où vient cet argent qui a été distribué depuis quelques jours ?
- Je n’en sais trop rien !
- Il est là le problème. On a un président qui agit comme un roi qui décide arbitrairement de donner à ses bons sujets sans trop nous raconter comment l’exercice a été financé (donc budgétisé) et dans quelle visée politique il l’inscrit.
- J’avoue que ces dernières manifestations présidentielles me puent au nez !!!
- Wow !!
- Tu vas trouver sur youtube des images où l’on voit Duvalier circuler en voiture et laisser tomber de l’argent par les fenêtres. Des haïtiens démunis courent derrière la bagnole pour ramasser ce que leur bon président a gentiment accepté de leur donner. On déclarait des blessés et des morts dans ce genre d’aventure, les voitures du convoie qui suivaient celle du président …
- Je devine.
- Il y a donc ce président qui fera des cadeaux à 5, 10, 20 ou 25 000 personnes dans la période de Noël et qui recommencera probablement l’année prochaine tant il arrive à en tirer une juteuse popularité. Le bon président qui fait des cadeaux au pauvres gens. C’est la différence entre une charité (scabreuse) et des politiques solidaires.
- On ne parle pas de chose d’une même envergure.
- Je comprends bien qu’en terme de dépenses, la comparaison est impossible. Mais en termes de vision politique, l’écart est incommensurable. En fait, on a une présidence, parce qu’il y a lui et ses conseillers dans ce genre de galère, qui inscrit une nouvelle fois le bon peuple dans la sphère de la mendicité alors que le président a la capacité de donner. C’est simplement indécent de voir ce président riche se pavaner devant ‘sa’ population pauvre. En passant, est-ce qu’on sait d’où vient cet argent qui a été distribué depuis quelques jours ?
- Je n’en sais trop rien !
- Il est là le problème. On a un président qui agit comme un roi qui décide arbitrairement de donner à ses bons sujets sans trop nous raconter comment l’exercice a été financé (donc budgétisé) et dans quelle visée politique il l’inscrit.
lundi 26 décembre 2011
La pause
Deux jours à se promener dans cette ville calme. Calme dans la mesure où je peux comparer avec la frénésie de Noël dans le centre-ville de Montréal et à Manhattan. Le calme nous va très bien, on avait vraiment besoin d'une pause, les dernières semaines ont été intenses et grippées. La première journée s’est donc principalement perdue à errer dans un marché du port (le Ferry Building Marketplace) où c’est la fête de la bouffe. C’est le genre de perte de temps qui nous manque à PAP ! On a pu faire ce qu’il fallait d’emplettes pour concocter un souper de Noël intime. On en profite pour découvrir le vin californien, généralement bien assis dans nos habitudes françaises, espagnoles, italiennes ou portugaises en la matière. Aujourd’hui, on s’est encore usé les jambes dans le quartier chinois. C’est comme pour Montréal, c’est le coin où aller le 25 décembre pour voir un peu d’activité alors que le reste du monde a arrêté de se consommer pour une journée. Je lisais des articles de journaux ce matin où le Pape rappelait à ceux qui veulent bien l’écouter que consumérisme et Noël étaient maintenant devenus trop fortement synonymes. Je pensais à cette du Pape en circulant dans le centre-ville de San Francisco où on pouvait lire une affiche dans une vitrine de chez Macy’s qui invitait les clients au fameux ‘boxing day’ dès 7h00 du mat !! 7h00 du matin pour profiter des spéciaux d’après Noël. La pause aura été courte.
Inscription à :
Articles (Atom)









