samedi 31 mars 2012
Bureaucrate
Je ne vous ai pas parlé de mon livre bleu depuis des mois. Depuis des mois parce qu’on attend que le ‘pluss beau pays du monde’ se décide et que se décider peut prendre des mois. Surtout quand on est le ‘pluss beau’. Ses 16 ans vont bientôt approcher le 18 et j’anticipe que les règles changeront, que de nouvelles formalités devront être complétées. Une collègue vit le même genre de complications (que je ne qualifie pas …) avec une petite fille qui arrive bientôt dans la préadolescence. Même genre de situation, des gens au Qc prêt à assumer toutes les responsabilités de parents happés trop rapidement par la mort (restés sous les décombres dans certains cas). On s'énerve et rapidement on voudrait voir le bureaucrate sur le grill. Toutefois, ce n’est pas lui le problème, mais l’espace d’intelligence et d’humanité que sa bureaucratie lui offre.
jeudi 29 mars 2012
Sortez les guirlandes
On souligne aujourd’hui les 25 ans de la constitution. Celle qui a été définie par les haïtiens dans les mois qui ont suivi le départ du fils dictateur. On devrait voir quelques manifestations annoncées comme pacifiques afin que la lettre et l’esprit de cette constitution soient respectées. D’ex-militaires viendront répéter que l’armée est une des constituantes définie dans la constitution et qu’à ce titre, elle n’est pas respectée. D’autres viendront demander des logements alors que la loi mère garantit le logement. Même chose pour la santé ou l’éducation. On pourrait même voir des parlementaires manifester pour demander au président de respecter le principes de séparation des pouvoirs inscrits dans la constitution. À la fin, peut-être entendrons-nous Martelly répéter que cette constitution mène dans un autre culs de sac, elle aurait créé une dictature inefficace des parlementaires afin d’éviter celle tout aussi inefficace d’un président. Lors du colloque de la semaine dernière – qui portait sur la décentralisation des services de santé –, la constitution a fait l’objet de trois conférences. Tout ce qu’il y a d’intellectuels dans ce pays s’entend pour dire que le papier est théoriquement approprié et n’empêcherait en rien la modernisation du pays (sauf pour certains aspects dont la nationalité multiple), mais que le bas blessait au moment où on la manipule. Quand les humains la manipulent. L’anthropologie 101 que je pratique à l’occasion m’amène à penser à cette dimension fondamentale de la culture nationale qui est la fuite, l’insaisissabilité. Comment un cadre, qui par définition structure et donc contraint, peut être mis en application ? Je pense aussi à une autre dimension fondamentale de la culture nationale, c’est cette ‘immatérialité tangible’, une immatérialité qui porte des résultats concrets dans la vie de tous les jours. Je fais référence à cette capacité des haïtiens à marquer le quotidien de choses qui positivement (positivisme) n’existent pas. Le dollar haïtien est une illustration intéressante de cette faculté. Sur Alter Presse aujourd’hui, on parle d’une constitution ‘foulée aux pieds’ depuis 25 ans. Une constitution qui concrètement n’existe pas, mais qui continue à servir de munitions à cette stagnation nationale. Asefi me disait à la blague ce matin : « Sortez les guirlandes pour la fête du petit. Il est né il y a 25 ans, mais n’existe toujours pas ! »
mardi 27 mars 2012
Ça ne change rien 2
J’ai écrit un billet intitulé Ça ne change rien en juin dernier (le lien). Le texte faisait référence à une nouvelle qui avait eu l’effet d’une bombe ici, il n’y aurait pas 250 ou 300 000 morts comme annoncé dans les suites du tremblement de terre, mais nettement moins (60 000 probablement). Je me souviens de plusieurs animateurs de radio qui s’époumonaient pour décrier quiconque voudrait diminuer (discréditer) la tragédie nationale. Le fait que le rapport était américain n’aidait bien évidemment pas la cause de l’auteur, l’antiaméricanisme étant ce qu’il est … Un neveu en visite à la maison m’a donné la référence d’un anthropologue américain qui a écrit sur Haïti (Timothy Shcwartz). En fouinant sur le net, j’ai trouvé son blogue et ai compris qu’il était l’auteur (ou un des auteurs) du fameux rapport américain qui avait fait la commotion ici. Aller lire son billet (le lien) sur le dossier, ça vaut le coup. Encore une fois, la question à se poser est "qui aurait eu intérêt à gonfler les chiffres, à y mettre des bulles ?" Dans la mesure où ils l'auraient été !!
lundi 26 mars 2012
Pas de bonnes nouvelles
Dans la dernière semaine, j’ai été tellement coincé par ce foutu colloque que je n’ai même pas suivi les nouvelles locales. Deux minutes dans la voiture, deux minutes entre les conversations téléphoniques. Voici donc quelques infos pour ceux qui comptent sur moi pour s’informer sur la vie politique haïtienne. En premier lieu, le dossier de la nationalité du président n’a pas bougé ‘officiellement’ outre pour laisser courir les rumeurs sur les incongruités qui pulluleraient dans les 8 passeports déposés, et l’introuvable carte de résidence américaine. Le dossier stagne, comme l’eau que le soleil n’arrive pas à sécher. Toujours au sujet du président, les députés qui ont enquêté sur l’arrestation de leur collègue en novembre dernier (le député Bélizaire) ont tiré la conclusion inaltérable que l’ordre d’arrestation était venu directement du président. Mais au lieu de le poursuivre tout de suite et ajouter une couche de plus d’enfer dans la vie politique nationale, ils ont décidé de ne pas le poursuivre. Pas tout de suite du moins. Les députés gardent donc ouverte cette option et pourront ainsi faire chanter le président dès que ce sera à leur avantage. Il faut dire que Martelly est aussi un chanteur … Finalement, le directeur de la police subirait de forte pression de l’exécutif pour donner sa démission. Tout ça sur fond d’une montée toujours plus forte de ces groupes d’ex-militaires (pseudos) qui envahissent les anciennes bases militaires. Le ministre de la justice et de la sécurité publique aurait demandé au directeur de la PNH de ramener ces démobilisés à l’ordre, mais ce dernier ne veut pas mettre son doigt dans cet engrenage qui risque de lui bouffer le reste du bras. Personne n’ose sérieusement croire que la Minustah va être plus motivée à s’impliquer dans ce dossier. Finalement, le dossier du premier ministre n’avance toujours pas … Ok, je ne recommencerai plus, je vous le jure.
dimanche 25 mars 2012
Saison des pluies
Il y a ce tap-tap qui accumule plus de déchets que de clients. Les sachets (sacs de plastique en québécois) se sont agglutinés partout où c’était possible sous le véhicule. C’est que la saison des pluies a repris ses droits et les soirées sont arrosées de manière tellement importante que des rues sont complètement bloquées de déchets, des roches (pas des cailloux, des grosse roches !!) ou de boue le lendemain matin. Canapé-Vert était presqu’impraticable la semaine dernière. Même chose pour Pan-American ou Juvenat. Les torrents déballent les ravines jusque dans la bas de la ville en transportant tout ce qui est trop léger ou pas attaché. Les rues se transforment en rivières et les voitures stationnées deviennent des espèces de filtre à ordures. Les rapports sociaux étant ce qu’ils sont, toutes les immondices de Pétion-Ville finissent leur jour dans les rues de PAP ou dans la mer. Ces immondices-là, finissent accrochés sous un tap-tap stationné sur la rue qui borde le cimetière de Port-au-Prince…
samedi 24 mars 2012
Un peu de repos
Je ne suis pas mort. Épuisé, mais pas mort. J’ai passé les derniers jours, soirées et nuits à travailler à l’organisation d’un colloque qui a réuni plus de 200 personnes. Pas l'énergie pour prendre le 15 minutes journalier pour donner des nouvelles. Un boulot fou où des dizaines de détails se transforment constamment en urgence. Je ne sais plus qui a dit ‘le diable est dans les détails’, mais j’aurais bien voulu boire le rhum-punch du cocktail avec lui hier soir… À la fin de ce genre de folie, on se dit toujours que c’est fini, qu’on nous y reprendra plus et que l’année prochaine, on fera les choses autrement. Autrement !? Un des premiers conférenciers du colloque a présenté cette matrice simple et efficace d’aide à la prise de décision où sur un axe on a le degré d’urgence, et l’autre le degré d’importance. L’idée étant de situer dans cette matrice l’ensemble des ‘problèmes’ que l’on doit gérer pour définir sa tactique, l’ordre dans lequel on passe l’action. Je l’écoutais en tentant d’analyser à partir de ce modèle comment nous aurions pu prendre de meilleures décisions tout au long des semaines passées afin d’éviter l’enfer de ces derniers jours. Trop fatigué pour être brillant … je ne suis arrivé à rien. Le plus réconfortant dans l’affaire, c’est de voir la satisfaction des participants. On se dit que sur le fond, nous ne sommes pas passé à côté.
samedi 17 mars 2012
Dépenser moins d'énergie
Les marchandes doivent vraiment être en furie … Le changement d’heure les force à marcher une bonne heure de plus dans le noir. Le matin, je partage leur point de vue. Il faut que je trouve le moyen de faire la marche matinale sans avoir à me promener avec une frontale … Les préoccupations sécuritaires sont ce qu’elles sont, surtout dans ce contexte un peu trouble. Le soir toutefois, l’heure d’été nous plait davantage. Plus de temps pour poireauter sur la terrasse, prendre un verre de plus, grignoter davantage … Comme un vase communiquant, les livres perdues reviendront au bercail ? À moins que je contrôle ma consommation de rhum … Dire qu’on change l’heure à l’automne pour dépenser moins d’énergie !!
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