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vendredi 25 février 2011

Le paon


Trois jours à me promener en 4X4 de Miragoane à Jacmel. À dormir dans des hôtels où internet se cache. Écrire un billet sur son Iphone, ça limite un peu. En quittant Miragoane, on a été coincé plus d’une heure sur la route. Une petite fille de 5 ans aurait été heurtée mortellement par un camion quelques heures avant que nous arrivions. Le chauffeur aurait tenté de se pousser pour ne pas être lynché mais la police aurait réussi à mettre la main dessus. La population locale aurait bloqué la route pour que la PNH lui redonne le chauffeur, elle voulait en fait se faire la justice que l’État ne sera pas en mesure de faire. Tout dans ces dernières phrases est au conditionnel parce qu’on ne sait pas si c’est vrai... La route s’ouvrira pour nous sans qu’il y ait un dénouement plus solide sur l’histoire réelle. Côté campagne électorale, Tet Kale est partout. Tèt Kale, c’est Martelly. Il a la tête complètement calée, pas un poil sur le coco. Tèt Kale signifie aussi déterminé, engagé. Il ne se pavanerait plus comme un candidat, mais déjà comme un président selon Asefi. Il s’affiche partout dans ce rose qu’on appelle maintenant le rose Tèt Kale. Asefi est certaine que bientôt tout le pays arborera fièrement cette couleur. Ça la déprime, mais c’est beau.

lundi 14 février 2011

Perplexité politique


C’est le silence politique, on est en attente du début réel de la joute entre Martelly et Manigat. L’ambiance veut que Martelly passerait à la présidence haut la main. Autour de moi, c’est la grande déprime. Asefi est déprimée de cette vision d’un prochain président ayisien...
-C’est un clown qui se montre les fesses dès qu’il en a la chance !!! Plus vulgaire que ça, c’est impossible. À côté de lui Georges Bush aura l’air d’un prix Nobel de littérature ...
-Je suis perplexe, t’as vraiment l’impression qu’il va passer aussi facilement ?
-T’as la naïveté d’un enfant de 2 ans ... C’est clair, son populo-messianisme est en terrain fertile. Une population sous-scolarisée vote pour ce genre de candidat qui n’a même pas besoin de programme.
-Franchement, pas nécessaire de savoir lire pour comprendre le sens d’un programme politique !!
-Ouais peut-être, mais la population est à la recherche d’un messie tout en voulant se débarrasser de la classe politique traditionnelle, tout est en place pour que sa victoire ne fasse pas beaucoup de doute. Tèt kale est leur homme !
-J’avoue que c’est ce que l’on sent dans l’air ...
-Ne t’inquiète surtout pas qu’il aura les manifestants nécessaire pour tout brûler si jamais les sondages du deuxième tour n’allaient pas dans son sens. Déjà, il agit comme s’il était élu. T’as vu la semaine dernière, il a déjà demandé la tête de ministres et de représentants du CEP. De la graine de président comme on le aime. Toujours assis sur le bord de sa chaise prêt à écraser le bout des doigts de ceux qui osent lever la main...
-T’es pas très optimiste. En fait, sauf quelques-uns, personne autour de moi n’est très enthousiaste à l’idée de voir Martelly devenir Président.
-Avec lui, tout est en place pour nous ramener à la période d’Aristide. Grande popularité d’un président colérique et autoritaire qui s’entoure des narco-trafiquants du coin. Je te le dis, on passe du pasteur au chanteur mais on navigue dans le même genre de bateau. Les deux ont la même habileté à manier le microphone. Je nous annonce malheureusement une fin de régime dans le même genre de cauchemar. Une société haïtienne un peu plus dans la déchéance, comme si c’était possible.
-Ma perplexité de timoun de 2 ans continu de résister à tes certitudes.
-On en reparlera dans quelques semaines ...

lundi 7 février 2011

Indifférence


Il y a sûrement pire que l’indifférence, mais je ne vois pas pour le moment. C’est le mot de la journée. En passant à la Place Saint-Pierre ce matin, des jeunes jouaient au foot sans apercevoir le contingent de soldats péruviens qui s’installaient pour une journée annoncée comme chaude. Les péruviens sortaient lourdement armés des camions de transport de troupes, alors que les ti-culs du camp, complètement indifférents jouaient à se prendre pour Messi ou Kaka. «À l’autre bout du spectre social, le Président maintien le silence sur ce qui se déroule dans la société qu’il dirige» me dira Asefi à qui je venais de raconter la scène.
-Depuis le premier janvier (fête nationale), je pense qu’il n’a jamais parlé aux haïtiens. Aujourd’hui, il aurait répondu à des questions de journalistes du New York Times pour affirmer son intention de rester en poste jusqu’au 14 mai. Mais à nous, pas un seul mot sur ses intentions.
Pendant que des groupes tentent de faire monter la contestation et que la PNH et la Minustah ont été forcés d’utiliser les gaz lacrymogène, le Président demeurait effectivement silencieux sur la suite des choses à la Présidence. «Indifférent» dira Asefi.