jeudi 8 mars 2012
Un 'kouri'
Sauve-qui-peut !!! C'est ce que deux sénateurs ont hurlé sur les ondes des radios cet après-midi. La sécurité de la coopération canadienne nous achemine un courriel pour nous demander de fermer les bureaux. On s'assure que tout le monde peut entrer en sécurité et on entre à la maison. Les rues sont comme un long stationnement et des foules foulent les trottoirs. Sur les radios, on apprend que le président fera une conférence de presse à 16h00 et qu'à partir de ce moment, on va rentrer dans une crise qui risque de pousser quelques excès de violence. Donc mes amis, 'kouri, kouri, ...'. Sur les ondes, j'ai entendu au moins trois versions de la 'panique' actuelle. En premier, Martelly fera une conférence de presse avec l'ambassadeur américain, le président de la court de cassation et l'archevêque de PAP. Le président annoncerait qu'il a effectivement menti sur sa nationalité, demanderait pardon à l'archevêque, demanderait à l,ambassadeur américain de confirmer sa nationalité américaine et au président de la court de cassation de le remplacer. Deuxième rumeur, il ne se passera absolument rien. Des sénateurs en mal de popularité crient au loup. La troisième rumeur impliquerait Aristide et ses chimères, réarmés et prêts à passer à l'action afin de profiter des tensions actuelles dans la vie politique et sociale pour ... pour ... je n'en sais rien !! Pour le moment, Jo et moi sommes assis au salon à attendre que mMrtelly prenne la parole. Il a déjà plus de 40 minutes de retard ...
mercredi 7 mars 2012
Impuissance et embarras
Il y a des ces petites questions toutes simples qui peuvent être silencieusement porteuses d’une médiocrité violente … D'une sourde violence. Je pense à une strophe de Richard Desjardins dans ‘Un beau grand slow’. Sur le chemin de la dompe, confortablement couché dans une ‘station’, le gars demande à la fille avec qui il vient de niquer : « Cé quoi ton nom ? » On sent l’impuissance, on sent l’embarras. Dimanche, on a visité l’orphelinat en apportant aux enfants la bouffe que vous nous avez aidé à acheter. Il y avait cet homme qui venait visiter ses deux fils, 6 et 8 ans. Ils sont à l’orphelinat depuis quelques semaines parce que leur mère est partie pour le dernier voyage en octobre dernier, un billet d’avion payé par le choléra. Le bonhomme démuni jusqu’à l’os s’arrache la tête pour s’occuper de leurs 5 enfants. Il a trouvé cette place pour les deux gars, une place où les enfants peuvent manger et aller à l'école. Il doit également trouver une solution pour les deux suivants. Pour la dernière de 18 mois, il a regardé Jo pour lui demander : « La voulez-vous ? » On a senti l’impuissance, on a senti l’embarras. Mais je ne sais plus de qui …
mardi 6 mars 2012
Stratège
Sortirons-nous de ce marasme politicien dans lequel le pays s’enfonce toujours un peu plus ? Toutes sortes d’informations sur la (ou les) nationalité de Martelly circulent sur le net, reprises par les médias. Un parlementaire qui nous raconte que Michel J Martelly serait Mickeal J Martelly aux États-Unis, et aurait fait de la prison !! On apprend que ce parlementaire aurait reçu des menaces de mort depuis … Un autre se rappelle avoir pris le même avion que Sweet Micky en 2007, mais ne trouve pas son sur la liste des passagers envoyés au Sénat par American Airlines. « Ça va s’arrêter où ? Ça va s’arrêter quand ? » que je demande à Cetout. « Difficile de le dire. Si j’étais Martelly, je ne ferais rien pour régler la situation pendant encore quelques mois, tout en convaincant certains sénateurs de prendre mon camp. Déjà, des défections génèrent des tensions au sein du groupe majoritaire (Inite) et le sénat deviendra caduque en mai, des sénatoriales sont attendues dans les prochains mois. S’il navigue bien, ce dossier pourrait sortir de l’agenda politicien dans les prochains mois et s’il contrôle bien les prochaines sénatoriales, il sera en paix dès novembre.»
- Peut-il réussir à naviguer sans faire couler la barque ?
- C’est la grande question. S‘il n’arrive pas à contrôler son impulsivité, il ne s’en sortira pas. Il faudra que les gens autour de lui arrivent à le conseiller adéquatement et à le contrôler. Il ne leur restera qu’à habilement manipuler les parlementaires, une tâche relativement facile.
- T’as jamais pensé offrir tes services à Martelly ! Tu ferais un bon stratège.
- Pas assez machiavélique …
- Peut-il réussir à naviguer sans faire couler la barque ?
- C’est la grande question. S‘il n’arrive pas à contrôler son impulsivité, il ne s’en sortira pas. Il faudra que les gens autour de lui arrivent à le conseiller adéquatement et à le contrôler. Il ne leur restera qu’à habilement manipuler les parlementaires, une tâche relativement facile.
- T’as jamais pensé offrir tes services à Martelly ! Tu ferais un bon stratège.
- Pas assez machiavélique …
lundi 5 mars 2012
Trafiquants
« Aujourd'hui, j'ai comme l'impression que nous revenons aux temps anciens d'il y a huit ou neuf ans quand le trafic avait ses belles années. Au temps où les trafiquants avaient des amis haut placés et bénéficiaient de la couverture de certains policiers ripoux. Je suis très préoccupé, car je constate qu'il y a des éléments qui reviennent sur le terrain et nous avons des indices qui laissent croire qu'ils essaient de renouer avec ces anciennes pratiques. Ils cherchent a réactiver leurs anciennes filières. » Dixit qui ? Dixit le chef de la Police nationale haïtienne (PNH) dans le Nouvelliste. Pas anodin comme sorti du chef de la PNH qui met dans la même phrase l’idée qu’on observe le retour d’une période florissante pour les trafiquants, et l’idée qu’ils peuvent compter sur des amis près du pouvoir. Après le populisme, c’est la deuxième fois qu’on fait des rapprochements entre le style présidentiel d’Aristide et de Martelly. Marcus racontait ce matin que ce chef de police avait effectivement été forcé à quitter le pays au moment de la présidence d’Aristide. Dans les médias depuis une semaine, on parle du non renouvellement de son contrat comme chef de police, et du fait qu’il aurait été forcé de demander la protection de la Minsutah… Sur une radio durant le week-end, on apprenait que le mois de février a produit 84 décès violents à la morgue de l’hôpital universitaire, dont 62 par balle. Des prochains mois intenses pour la PNH. En espérant qu'elle ne soit pas en plus forcée de gérer la nouvelle armée.
samedi 3 mars 2012
La femme
Dans Le Devoir de ce matin, on prépare le 8 mars. Un texte sur le nouveau féminisme québécois (pour ne pas écrire québécoise), du moins celui qui semble vouloir se redonner une place après que des grandes aient creuser un sillage tellement profond et large, qu’on oublie que c’est un sillon. C’est la route, aussi simplement que ça. Le Québec serait (ou aurait été) l’un de ces lieux où le féminisme a marqué le plus de points. Tellement que l’homme ne s’en serait pas encore remis, à moins qu’il ne s’en remette jamais. Martelly disait cette semaine dans une rencontre de la fondation ‘Femmes en démocratie’ : «La femme haïtienne est la base de notre société. Elle demeure le principal pilier pour le développement de notre pays. » Ce n’est sûrement pas aussi simple que ça bien évidemment, mais je continue de croire que les choses pourraient être faite autrement. J’aimerais bien voir si des politiciennes peuvent agir comme des politiciens, des sénatrices comme des sénateurs. Il m’arrive souvent de dire à Asefi que la révolution dans son pays devrait être féminine. Pas nécessairement féministe, mais au moins féminine. Je l’incite, avec les autres femmes que je côtoie au quotidien, à prendre l’espace politique. À sauter. Le supposé ‘machisme’ haïtien a l’ouverture pour voir davantage de femmes investir le monde politicien, j’ai cette petite certitude. « Ne me fais surtout pas la blague facile du ménage à faire dans la vie politique... » Asefi est une haïtienne jusqu’au bout des ongles, impossible de l’attraper, elle maronne, s’enfuit dans la blague. Elle et nos autres collègues n’ont jamais sérieusement répondu à ma suggestion. N’empêche que je suis sérieux.
vendredi 2 mars 2012
Dilemme du vendredi
Vendredi après-midi. Dans mes oreilles,
Supper’s ready joue sûrement trop fort pour l’avis des audiologistes de la
santé publique. Nécessairement trop fort pour quelconque spécialiste de la
santé publique. À cette heure, la mer charrie des vidanges… Chaque vague transporte un petit quelque
chose de cette civilisation. Un sachet de plastique, une assiette de
styromousse, une bouteille de plastique … Je n’ai jamais su si ces restes
viennent de l’île de la Gonâve de l’autre côté, ou d’un bled un peu plus au nord
sur la côte. C’est congé aujourd’hui, juste pour moi, mais c’est congé quand
même. Le soleil commence doucement à se diriger dans ses terres et les quelques
dizaines de voyageurs de la compassion qui peuvent peupler cette plage certains
jours de la semaine sont déjà repartis, le bus qui les ramène vers la ‘mission’
n’en pouvait plus d’attendre. Sur la payasse d’à côté, un ti-cul de trois ans dort
du sommeil du juste, tout une journée à construire des châteaux de sable et à
courir dans l’eau. La plage est maintenant presque déserte, mais mon rhum sour
manque un peu de … rhum justement. Vais-je être forcé d’en prendre un deuxième.
Le genre de dilemme du vendredi. Supper’s ready se termine et un deuxième rhum
est en chantier.
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