lundi 4 octobre 2010

Moi ! Ce n'est pas la même chose …


L'ignorance facilite la vie. Le 'je ne savais pas' permet souvent de rétablir sa crédibilité. Surtout, ne pensez pas qu'il y a un paradoxe dans cette société dite du savoir de pouvoir rétablir sa crédibilité en reconnaissant son ignorance. C'est davantage l'humilité qui est salutaire dans ce genre de circonstance. Mon problème aujourd'hui est de savoir. Je le sais, je l'ai lu. J'ai les yeux dans un livre sur le développement international depuis quelques jours : 'Les mirages de l'aide internationale'. Le sous-titre est assassin : 'Quand le calcul l'emporte sur la solidarité'. Je sais maintenant que j'ai les deux pieds dans une aventure qui risque de participer à l'effondrement de l'État haïtien. L'auteur fait effectivement une démonstration à l'effet que l'investissement massif de l'aide dans un pays tend à anéantir la capacité de l'État aidé à assumer pleinement ses responsabilités à l'égard de la population. Plus on aide, moins l'État serait compétent. 'Dans mon cas, ce n'est pas pareil' est la phrase que je répète en silence, juste pour moi, pour me convaincre. Je n'ai pas encore terminé la lecture, mais pour le moment, les constats nous incitent davantage à prendre un billet aller sur Montréal… Je termine cette lecture, la digère et vous en reparle.

3 commentaires:

Marico a dit…

Merci de partager cette lecture. J'ai hâte d'en lire davantage.

xenos a dit…

C'est d'une tristesse absolue. Le calcul versus la solidarité, je connais. Je n'ai plus d'emploi, j'ai choisi la solidarité. Est-ce que j'ai bien fait? Je ne pouvais pas jouer l'ignorante.
C'est la marée haute et je ne vois plus rien entre les deux eaux.

Sachez que vous m'avez enseigné, Labadie. Ce n'est pas du têtage lorsque je dis que ce blog m'a formé sur les valeurs du travail terrain. Vous êtes des ''spécialistes'' du savoir être. Vos photographies artistiques qui changent l'angle de l'émotion. Je me permets de vous dire que c'est l'artiste Labadie qui sauve l'humanitaire haïtien dans ce chaos.

Un recul n'est jamais vain. Mais si vous choisissez l'aller Montréal, puis-je souhaiter qu'un livre, un documentaire vous trotte à l'esprit.
xenos

francois.therien a dit…

Je suis tombé ce printemps sur le livre de Dambisa Moyo, jeune et brillante économiste africaine (qui a sur son parcours Harvard, Oxford, Goldman Sachs, Banque mondiale et maintenant la Zambie, je crois) intitulé Dead aid: Why Aid is Not Working and How There is Another Way for Africa. Elle arrive à la terrible conclusion que l'Afrique a régressé, non pas malgré l'aide internationale mais plutôt à cause d'elle. Mais l'ouvrage est loin d'être déprimant car elle ouvre des pistes de solution qui ont déjà donné de bons résultats,notamment au Botswana. Fort intéressantCf www.dambisamoyo.com