mardi 10 janvier 2012

Surtout, ne rien changer

Le Québec jongle malhabilement avec la question nationale depuis trop longtemps. C’est un peu comme le débat sur la couleur de la margarine ou les frais de scolarité, increvable… Le fameux ‘NOUS’’, sa définition surtout, est selon moi la pierre angulaire du marasme dans lequel les souverainistes québécois s’engluent depuis des années. Il y a des questions qui ne valent pas la peine d’être posées en partie parce que la réponse est impossible et surtout, n’a aucun impact sur la suite des choses à partir du moment où tu décides d’en faire vraiment quelque chose. Essayez de définir le mot ‘température’ juste pour voir … Une sensation, un état, un degré, … On s’en fout, la vraie question est de savoir comment tu t’habilles en fonction de ce que tu as à faire. Le ‘ce que tu as à faire’ étant l’élément clé de la dernière phrase. Haïti devrait sombrer pleinement dans un nouveau débat nationaliste qui pourrait nous amener dans des méandres desquels nous ne pourrions jamais sortir. C’est Asefi qui le dit :
- On plonge dans le vide avec cette question.
- Hummm ?
- Que des ministres ou même le président aient une autre nationalité, on ne devrait pas en être surpris. Plusieurs de ces personnes sont allés étudier aux États-Unis ou au Canada et en ont profité pour se donner une police d’assurance pour l’avenir en prenant la nationalité du pays dans lequel ils ont passé une bonne partie de leur vie. À moins d’être con, tu veux garantir à ta famille la capacité de pouvoir sortir d’ici si jamais les problèmes devenaient trop grands. Je pense aux troubles sociaux ou aux catastrophes naturelles. Tu te rends à l’ambassade canadienne avec les passeports et on ramène tout le monde en sécurité. C’est un secret de polichinelle !
- Mais la constitution ?
- 90% de ce qui est écrit dans la constitution n’est pas respectée. C’est la raison pour laquelle plein de monde ont cette double nationalité. C’est bien connu, tu peux acheter n’importe quel fonctionnaire de l’État civil, de l’Immigration ou de la DGI pour aller chercher les papiers qu’il te faut. Jamais ils ne vérifieront si tu possèdes une autre nationalité. En fait, cette guerre est encore une fois strictement tactique. - C’est-à-dire ?
- Simplement un nouveau front dans la guerre entre le parlement et l’exécutif. Ces sénateurs et ces députés qui lancent une commission pour étudier la question n’ont jamais manifesté ce genre de préoccupation au moment où ils étaient au pouvoir !
- Ça va aboutir à quoi ? Le président pourrait être destitué selon la constitution.
- Ne t’inquiète pas. Ils ne veulent pas sa tête, ils veulent en prendre le contrôle. Ça n’aboutira à rien, seulement qu’à une perturbation politique supplémentaire qui devra durer quelques semaines et modifiera les rapports de force entre les deux pouvoirs. Ils ne trouveront rien, ce n’est pas dans leur intérêt dans la mesure où plusieurs d’entres-eux ont cette double nationalité, et on pourra encore une fois accuser l’international de cacher des informations. C’est bien connu, le bureau du président Obama, celui de Sarkozy ou encore celui de Harper vont interdire la diffusion de certaines informations afin de protéger les pantins qu’ils ont installés au pouvoir. Quelques nuages politico-paranoïdes qui vont brouiller l’espace politique pour encore longtemps et qui serviront de munitions continuelles dans cette guerre sans fin. En fait, l’objectif est toujours le même : Maintenir le statu quo dans lequel toute cette belle classe politique arrive à s’enrichir. Surtout, ne rien changer.

3 commentaires:

Marico a dit…

Ça sonne tristement vrai les dires de ton ami Asefi. Les tiens aussi d'ailleurs sur le "nous" québécois. Tant qu'on ne le sent pas de l'intérieur ce fameux "nous", inutile de s'activer les baguettes pour convaincre les autres d'une appartenance! Quant les politiques s'en emparent comme d'une bannière pour mousser leur popularité, ça m'énerve! Là où je me trouve privilégiée c'est d'encore le sentir malgré tout.
Je souhaite de tout coeur que 2012 te soit favorable dans toutes tes entreprises et qu'elle apporte aux haïtiens du changement pour le mieux.

Monise, Marie, Philippe a dit…

C'est bien triste tout cela, j'aimerai tant que 2012 soit l'année du changement pour HAITI.
Nous pensons bien à vous deux, et une grosse pensée pour tes amis et amies HAITIENS.

Marie Monise Pgilippe

Anonyme a dit…

Une copine qui a travaillé quatre ans en Haïti avec de grosses responsabilités me disait que l'heuristique nationale de résolution de problème était : "Qu'est-ce qu'on pourrait bien changer pour que ça reste pareil?" Elle ajoutait que l'UNESCO devrait classer Haïti comme patrimoine mondial du sous-développement pour que l'humanité en conserve un exemple quand il aura disparu partout ailleurs. Il faut dire qu'elle avait sa dose: trop de buts, trop longtemps .