vendredi 16 décembre 2011

Enchaînés


Hier soir, nous sommes allés dans une petite fête. Il y avait beaucoup d’haïtiens, quatre québécois et trois vénézuéliens. Trois bonshommes aussi rigolos qu’intelligents qu’on aurait pu imaginer qu’ils ont fuit Chavez… Je ne leur ai pas demandé, j’avoue. J’ai imaginé. Il y avait de la musique, de la poule, de la Prestige, du riz et du pikliz. Il a fallu que deux haïtiens se mettent à danser un kompa bien senti pour que les 7 blancs prennent leur trou. On venait de comprendre que de ce point de vue, valait mieux qu’on concentre nos efforts sur la Lambada (pour les vénézuéliens) et la danse des canards (pour les québécois). Il faudra qu’un jour on m’explique et qu’on me permette d’expérimenter ces mouvements aux amplitudes si fines qu’on pourrait imaginer l’immobilité, mais qui dégage tant de volupté. Leur plaisir à danser se lit, se sent. Il y a dans cette danse timide et silencieuse toute la communication d'un monde. Un monde qui, comme les nuances du créole, reste inaccessible au blanc que je suis. Le corps comme la tête enchaînés. 

2 commentaires:

Laure a dit…

Beaucoup de choses passent et se transmettent dans la danse c'est vrai...
Bisous Laure
http://suivre-mon-etoile.blogspot.com/

Anonyme a dit…

C'est assez humiliant aussi de voir parfois de petits enfants esquisser un mouvement de kompa qu'aucun blanc jamais ne pourrait imiter .