vendredi 9 décembre 2011

Monter dans les rideaux


Tôt ce matin dans un hôtel de Jacmel où j’ai été forcé d’engager un dur combat contre deux oreillers pour qu’on me laisse enfin sortir du lit, je me décrassais les yeux en regardant cet homme monter dans un cocotier. Il faut faire tomber le fruit dur et mûr avant qu’il ne s’attaque à un passant. Dans les minutes qui ont suivi, j’ai eu droit à une montée dans les rideaux du gérant de l’hôtel. Je lui propose ma carte de crédit pour régler la note.
- On ne prend plus de carte de crédit !
- Un chèque personnel ?
- Pas plus, que du cash.
- Vous n’avez pas penser me le dire avant que je déplace mes valises jusqu’ici. Je n’ai pas le cash qu’il vous faut.
- On a du trouble avec cette fichue banque qui ne peut nous donner de cash, carte de crédit ou chèque, ça ne me sert plus à rien!!
Le pays est (serait selon des spécialistes) dans une crise de liquidité depuis quelques jours. J’avoue que je comprends pas grand chose aux multiples analyses lues dans les journaux ou entendues à la radio, mais ilsemble que la crise ‘artificielle’ ait quand même des effets réels. Le bonhomme est donc à court de liquidité même si son compte de banque serait bien nanti. La femme qui mangeait une assiette de fruits juste à côté de nous s’est mêlé de la conversation pour nous annoncer qu’elle s’en allait dans la minute vider son compte de banque. « C’est mon argent, ils sont mieux de me le donner. M’ap fè anpil dezod !!» L’hôtelier a donc été forcé d’accepter ma Visa mais ne sait pas encore quand il pourra voir mon petit bout de plastique se transformer en argent sonnant. Effectivement préférable de se faire sonner par l,argent que par une noix de coco !

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