jeudi 18 novembre 2010

La Bataille de Vertières


Notre sortie du Cap-Haïtien a été une belle aventure… heureuse du moins. Mardi matin, on n'avait fait une première tentative de quitter la ville tôt en matinée mais la réalité des barricades et des manifestants s'était réinstallée. À Vertières, à la sortie du Cap, on a rebroussé chemin pour reprendre nos chambres à l'hôtel. Hier matin, on a eu plus de chance. Encore plus tôt cette fois-ci, on a sauté sur l'occasion offerte par l'escouade SWAT de la PNH. Les policiers de l'UDMO (Unité départementale de maintien de l'ordre) se préparaient à faire une ronde jusqu'à la sortie de la ville, deux camions de transport de troupes et deux douzaines d'hommes équipés nous offraient leur escorte. En moins de deux secondes, les valises étaient bouclées, les dents brossées. Fallait être beau pour cette sortie!! Encadrés de deux véhicules, nous sommes sortis lentement avant que les manifestants aient le temps de réinstaller les barricades enlevées durant la nuit. Il fallait qu'on rejoigne PAP par la route du département du Centre, la route nationale (qui passe en Artibonite, qui est plus courte et en meilleure condition) étant le champ de bataille principal entre le Cap et Limbé. Avant de se mettre définitivement sur la route, on n'a fait un détour par la douane de Ouanaminthe, le temps qu'une collègue canadienne puisse prendre un vol sur Montréal via Santiago (République Dominicaine). Le temps étant ce qu'il est dans un pays comme Ayiti, on est arrivé en soirée sur Hinche pour pouvoir s'étendre dans un hôtel afin de reprendre la route pour PAP dès la levée du soleil. La situation ne devrait pas s'améliorer pour aujourd'hui, c'est jour de la Bataille de Vertières. En fait, en plein coeur de la bataille actuelle, là où les ayisien affrontent les UN depuis lundi. Là où le 18 novembre 1803, Dessalines a mené la bataille qui a permis à Ayiti de naître le premier janvier 1804. On s'imagine que ceux qui nous ont sortis de la ville travaillent fort en ce congé férié !

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonsoir Jean François
Et bien quel périple ! Tu dois être en overdose de virages de montagne !
Merci pour le rappel à la date du 18 novembre 1803 !
MBZH

Marie et Philippe a dit…

Heureux de te savoir rentré et merci pour ces nouvelles.

Bisous

Marie Philippe Monise