lundi 28 mars 2011

Dilemmes


Aider ou nuire ? Favoriser le développement ou l’empêcher ? C’es le genre de questionnements que j’ai eu toute la journée. Comme si les aberrations de nos actions étaient plus grandes que les bienfaits. Ce n’est sûrement pas une supposition dans la tête de plusieurs ... La mienne reste trop naïve (dissonance cognitive oblige) pour sombrer dans ce pessimisme. J’ai donc vu le détails de certains projets aujourd’hui où des coopérations internationales s’apprêtent à former de nouvelles ressources professionnelles pour le système de santé. Disons assez pour que le nombre d’employés du Ministère augmente de près de 30%. Vous faites rapidement le calcul, 30% plus de ressources humaines équivaut à une augmentation de la masse salariale de 30%... Le gouvernement haïtien a trois ans pour trouver l’argent qui lui permettra d’augmenter la masse salariale de son plus gros ministère de 30%. Je pense à ces professeurs du Ministère de l’éducation en arrérage salarial de plus de trois ans (3 ans !!). J’imagine une autre coopération internationale qui a voulu aider le Ministère de l’éducation nationale il y a six ans en formant des milliers de professeurs et en assumant leur salaire pour les deux premières années. Et après ... ? Ben après .... ben c’est après !!

9 commentaires:

Anonyme a dit…

La communauté internationale avec Haïti c'est comme des parents qui font tout à la place de leur enfant et qui lui reprochent en même temps d'être un bon à rien. Et ils se demandent ensuite pourquoi leur enfant est nul et a des problèmes de comportement. En plus l'enfant est adopté et il a été martyrisé quand il était petit...

Laurent Duchastel a dit…

L'équation haïtienne ne saurait être équilibrée sans recettes fiscales nationales adéquates. Il y a certes d’immenses besoins en santé et éducation, et les ONG prolifèrent en ces domaines. Toutefois, comme tu l’illustres si bien, ces interventions gonflent considérablement les postes de dépenses d'un État déjà chroniquement endetté. Or, il y a comparativement peu ou prou de projets d’ONG consacrés au développement de l'économie que ce soit par des stratégies industrielles, manufacturières ou dans le domaine de la micro-entreprise. Ce sont là pourtant des sources potentielles de revenus indispensables à la société haïtienne pour appuyer tous ces programmes interventionnistes étatiques. Dans l’immédiat, l'État haïtien survie en bonne partie des afflux monétaires étrangers (ONG, diaspora). Il est étonnant de voir que peu de leçons ont été tirées par les ONG sur les succès des économies asiatiques, qui ont toutes articulé leur développement national par le maintien de l’équilibre entre dépenses et revenus, et en finançant l’augmentation des services publics par une croissance équivalente de l'entrepreneuriat et des secteurs manufacturiers.

Anonyme a dit…

@ Anonyme !
votre commentaire est pertinent.Néanmoins la dernière phrase peut être franchement dure selon la lecture et l'in terprétation que chacun peut en faire et les relations affectives que nous entretenons avec Haïti

MBZH

Anonyme a dit…

Complètement d'accord avec le commentaire de M. Duchastel: il faut produire de la richesse avant de la redistribuer. Mais les ONG n'ont rien à voir là-dedans: elles sont là pour elles-mêmes (malgré tous leurs discours) et aucun pays ne s'est jamais développé grâce à elles. À moins qu'on considère que les entreprises sont des ONG... Il faut juste un gouvernement qui veut que le pays se développe parce qu'il est assez intelligent pour y voir son intérêt, ce qui n'est pas encore le cas en Haïti.

Anonyme a dit…

Et ce ne sont pas les ONG qui vont favoriser le développement de la compétence du gouvernement (encore une fois malgré leurs discours auxquels, j'espère, elles ne croient pas elles-mêmes) parce qu'elles engendrent le chaos et qu'elles lui enlèvent ses ressources humaines compétentes (soit en les engageant, soit en leur permettant d'émigrer). En plus, elles donnent le mauvais exemple en étant elles-mêmes des siphonneuses de ressources de l'État (leur État) plutôt que de véritables entreprises.

Anonyme a dit…

Le système de santé et le système d'éducation, ce sont des trous sans fonds. Ce sont des sweatshops et des entreprises agricoles dont le pays a besoin, avec des conditions de travail infra-humaines. Et des salauds qui sont prêts à prendre des risques pour faire du fric en utilisant la main d'oeuvre incompétente mais bon marché. Si ces salauds font assez de fric, d'autres viendront, la compétition va s'installer et le pays sera sur la bonne voie.

Anonyme a dit…

Le seul problème avec le scénario précédent dans le contexte haïtien, c'est qu'il s'apparente à un retour transitoire à l'esclavage, ce qui sera rejeté par la plupart des politiciens et intellectuels, qui pètent plus haut que le trou au nom de leurs compatriotes. La voie pour sortir de la pauvreté est donc bloquée pour des raisons historico-culturelles... Les asiatiques n'ont pas eu ce genre de blocage.

Anonyme a dit…

En fait, ce n'est pas vrai que les ONG ne sont pas des entrepries. Certaines sont même très prospères: j'ai des amis bourgeois haïtiens qui ont loué une maison à un gestionnaire d'une grande ONG à un prix franchement faramineux. Le problème c'est que ce qu'elles vendent c'est la misère humaine, c'est leur matière première, leur ressource naturelle: plus il y en a et plus elles en font une mise en marché efficace, plus elles s'enrichissent. Et elles font une bonne gestion de la ressource: contrairement à la couverture végétale, le niveau de misère humaine en Haïti se maintient très bien...

Anonyme a dit…

C'était fou de voir, après le tremblement de terre, la réaction médiatique d'Oxfam-Québec et cie. face au succès de la Croix-Rouge canadienne qui croulait sous le fric. Ils disaient presque: "Le tremblement de terre, c'est à nous aussi! La Croix Rouge est en train de nous le voler mais on ne va pas se laisser faire!" Pathétique...