vendredi 30 avril 2010

Pelleter sa maison dans la rue


À penser à tout ce qui reste à ramasser, on perd la boule. Je travaille avec des moun qui se creusent la tête devant le gravats que leur maison est devenue. On s'imagine que les municipalités et le gouvernement se creusent eux aussi les méninges, même si plusieurs en doute. Doute qu'ils se les grattent ou qu'ils en ont ? En fait, les gens ont décidé de les forcer à se les gratter (ou à vérifier qu'ils en aient vraiment). Dans les faits, les gens qui ramassent leur maison à la pelle ne savent plus où la déposer. Le nouveau truc, c'est de foutre le tout dans la rue et espérer que les innombrables blocus ainsi générés fassent bouger les autorités. C'est bien connu, des bagnoles qui ne peuvent avancer, ça fait avancer les élus. Il y a donc de grandes voies maintenant rétrécies de moitié par des maisons en morceaux déposées dans les rues. Il en coûte très cher pour finir la job de bagay la et sortir la petite maison par camion vers … on ne sait où !? Les gens ont donc décidé de ne pas attendre qu'on leur propose une solution et envoient une bonne partie de ce qu'ils possédaient à la rue. Des moun passent la journée à récupérer tout ce qui pourrait être réutilisé, les tiges métallique (des rod de métal en québécois) sont particulièrement prisées. On les revend ou on les redresse pour couler une nouvelle dalle ou un nouveau mur de béton. Elles auront au moins l'expérience d'un premier séisme...

2 commentaires:

katia a dit…

Voilà donc la question existentielle que je me posais depuis le début ! Mais où donc vont-ils mettre tout 'ça' ? comment vont-ils transporter ? ... Personne encore n'a pensé à une récupération ? en dehors de celle qui existe pour des pièces détachées, des matériaux ?
Ce message est un petit tour de 'revenez-y' pour ne cesser de vous encourager à nous adresser vos 'images' alertes (et non alertes 'wouhhhhhhh')sur la situation, les comportements, les choix, les décisions... Quel laboratoire !
Ici en France les manifestations en tous genre ne faiblissent pas pour aider de mille façons, l'investissement personnel tous azimuths ne cesse de croitre et provoque des découvertes inattendues : une branche familiale qui se découvre !
Pour vous encore plein de courage, merci de garder l'humour à la pointe du clavier !
katia

Air fou a dit…

Enfouir pour solidifier? Jeter à la mer?, Donner ça aux États-Uniens?

Trouver un endroit plus solide... On prévoit des évacuations massives, suite aux changements climatiques, suite à ce tant d'humains ont fait de la Terre, suite à la surpopulation qui se poursuit. Toi et ton équipe, vous avez un courage d'enfer. Je me demande bien comment vous faites.

« Moun », c'est le même mot créole qui équivaut à la fois à « monde » et à personnes, je crois?

Zed ¦)